« Le jour du bain, le plus long de la semaine, le jour le meilleur, bavard et gourmand, … » (p17)
« …les femmes après la courte sieste parlent sans surveillance.
La vieille la plus vieille, quel âge peut-elle avoir ? Quinze ans, dix-sept ans dans les années 30 ? Le corps recouvert d’une étoffe comme un voile, je ne vois ni les cheveux ni l’orteil, elle dit, les yeux clos, ses années avec les hommes, sa longue vie.» (p45)
« Les femmes des maisons riches me disaient : « Si tu rencontres l’étranger de sang, celui que nous aimons, le seul, parce qu’il sait nous aimer, celui qui ne vit pas dans la tyrannie des maisons, celui qui sait parler avec nous et qui nous parle de nous et qui nous écoute, il ne donne pas d’ordres, il ne crie pas, il ne dit pas qu’il prendra bientôt une épouse plus jeune, plus docile, avec lui la langue de notre peuple est belle et tendre, nous apprenons des poèmes d’amour fou et nous parlons du vaste monde…Si tu rencontres le bel étranger, ne le garde pas trop longtemps pour toi, dis-lui que nous l’attendons, qu’il ne tarde pas, il sera vieux et nous serons vieilles,dis-lui. » (p53)
La Bien-aimée
L’Etranger de sang
« Les petites filles,les épouses,les mères, les concubines, les femmes âgées, les femmes de joie, les illettrées, les intellectuelles, les servantes, les pleureuses, les simpies, les riches et les pauvres,… toutes se retrouvent au bain et complices, racontent l’amour : La Bien-aimée écoute les rumeurs qui exaltent l’Étranger de sang, l’amant magnifique. Il est en prison. Les frères de la Bien-aimée l’accusent de viol." (p11)
Les paroles des femmes au bain sont libres. Elles disent la vie comme une rêverie, une fable, avec ses rumeurs et les limites de leur clan.